Décès de Jean-Louis Jam

Jean-Louis Jam, fondateur, directeur musical et chef de l’orchestre universitaire depuis plus de 50 ans est décédé en février dernier.

Il n’avait souhaité que soit annoncé son décès que par cet avis, publié dans les carnets du journal Le Monde :

” Ses petits-enfants, ses enfants, son épouse, sa mère, ainsi que quelques amis, ont le regret de signaler le décès de Jean-Louis Jam, amateur.

Son incinération a eu lieu le 12 mars 2021, dans l’intimité. ”

Notre meilleure façon de lui rendre hommage sera de refaire de la musique ensemble, et jouer en sa mémoire lors d’un concert, dès que les conditions seront réunies.

Vous pouvez réécouter via ces liens des émissions que son fils, Baudime Jam, avait réalisé sur Radio France Puy de Dôme en 1996 à l’occasion des 30 ans de Musique Université. On peut y entendre Jean-Louis Jam parler de cette association dont il était un des co-fondateurs (épisodes 1, 6 et 8). Le mot de Baudime

“La longévité d’un arbre, d’une amitié ou d’une entité politique (un pays par exemple) inspire toujours le respect : le monde associatif, depuis sa naissance en 1905 sous la forme juridique que nous lui connaissons encore aujourd’hui, a prouvé sa capacité à initier, dans tous les domaines de l’activité humaine, des projets dont la continuité dans le temps leur ont valu un gage de pérennité au point de nous faire croire qu’ils avaient acquis un statut d’immuabilité.

En réalité, rien n’est plus fragile et révocable que les entreprises humaines, et celles qui traversent le temps, les années et les décennies, davantage qu’à leur raison sociale, le doivent à la constance, à la persévérance, à l’opiniâtreté de celles et ceux qui en sont les acteurs, les animateurs, les chevilles ouvrières. Le cœur et l’âme de l’association, ce n’est pas le projet mais les porteurs du projet.

En 1996, alors que j’étais moi-même membre de l’Orchestre Universitaire, j’ai saisi l’opportunité d’être en charge des programmes musicaux classiques sur Radio France Puy-de-Dôme pour proposer à ma direction de rendre à Musique Université un hommage qui soit à la hauteur de son 30e anniversaire. La proposition a été acceptée et cela m’a donc permis de réunir autour du micro un certain nombre de figures, jeunes et moins jeunes, publiques ou anonymes, parmi les adhérents des deux associations (chorale et orchestre), afin qu’ils racontent à leur façon et de l’intérieur ce que représente, dans leur vie respective, leur engagement dans ce militantisme musical où se côtoient passion mélomane et exigence personnelle, convivialité et discipline de travail. Une conception du bénévolat à mi-chemin entre le sacerdoce et la vocation, mais toujours illuminé par la joie du partage musical et du dépassement de soi.

Cette alchimie, qui définit l’identité particulière de Musique Université, il m’avait semblé, à l’époque, que nul, mieux que celles et ceux qui en sont les protagonistes, ne serait en mesure d’en témoigner auprès des auditeurs. Entre anecdotes, historique des deux associations, souvenirs, explication des principes fondateurs, chacun a su éclairer une facette de cette aventure humaine et artistique qui a permis à tant d’amateur(e)s de vivre leur passion de façon éclairée et gratifiante.

Certains ont aujourd’hui disparu, ce qui rend leur témoignage d’autant plus précieux ; d’autres sont toujours là, fidèles au poste ; d’autres encore, en raison des contraintes radiophoniques, n’avaient pas participé à ces huit émissions d’une heure chacune, mais ils étaient naturellement et continuent d’être associés aux réalisations et aux succès de Musique Université dont ils ont été des acteurs zélés et ponctuels. C’est à eux tous que cet hommage était dédié.

30 ans, cela semblait déjà un accomplissement à l’époque : aujourd’hui Musique Université a franchi le cap des 50 ans et poursuit son chemin sous l’impulsion d’une équipe qui a hérité du feu sacré. Ce flambeau, il n’est pas aisé de le porter : les temps ont changé à maints égards, mais la flamme des nouveaux mélophiles brille toujours et c’est tout à l’honneur de ceux qui continuent de l’entretenir que d’en faire perdurer la lettre et l’esprit.

Tocqueville a dit : “Quand le passé n’éclaire plus le futur, l’esprit marche dans les ténèbres”, c’est pourquoi il m’a semblé précieux et utile de permettre à la jeune génération d’entendre la voix de leurs prédécesseurs dans ce qui est, à ma connaissance, le seul document sonore où les membres de Musique Université aient été conviés à s’exprimer publiquement à propos de leur engagement dans cette aventure exceptionnelle et unique en son genre que Jean-Louis Jam et Georges Guillot ont imaginée pour nous tous.

Je vous en souhaite une agréable écoute et, de tout cœur, vous remercie de continuer cette œuvre.

Baudime Jam

Luzancy, 3 Août 2021”

Merci pour ces sons précieux, et bonne écoute !